La lettre ouverte à nos proches de Marion Bordet

Mis à jour : févr. 10

L'objectif de ces lettres ouvertes est de pouvoir faire comprendre à nos proches (vous qui nous lisez) ce par quoi nous passons lorsque nous vivons un parcours PMA (les épreuves, nos émotions, nos attitudes rationnelles et parfois irrationnelles aussi...).

C'est aussi vous faire passer un message avec toute notre bienveillance pour vous "aider" à savoir comment se comporter avec nous, pour vous "aider" à comprendre comment adapter vos mots face à nous, pour vous "expliquer" comment nous soutenir quand nous en avons besoin.


Ces lettres ont été rédigées par des femmes en parcours PMA dont chaque histoire est unique et révèle des maux qu'elles ont exprimé par leurs propres mots. Toutes ces lettres sont dictées par l'amour. Elles reflètent la réalité de nos vies, soyez indulgents, nous vous livrons une partie de nos âmes dans l'espoir de lever certains tabous et de libérer nos paroles communes.



Que dire, ou ne pas dire, à nos proches de notre parcours de PMA ?


Pour ma part, je pense m’être pas mal livrée, à nos familles, à nos amis, parce que je suis ainsi et parce que je sais que parler soulage souvent la peine et aide à avancer (je suis psychologue donc je prêche pour ma paroisse!).


Parler, parce que j’en avais besoin, parce que tout ça « me débordait » et j’ai eu la chance d’avoir plusieurs épaules sur lesquelles m’épancher, plusieurs « proches » qui ont su m’écouter, parce qu’il ne s’agit que de cela finalement, pouvoir être écoutés, savoir que notre souffrance, à défaut d’être réellement comprise, peut être entendue. J’ai aussi eu la chance d’avoir des amis qui n’ont pas eu peur, (ou qui l’ont surmonté ?) de me poser des questions et d’accepter mes larmes.


Pleurer, « comme un bébé » … « pour un bébé ».

Mon mari était le premier à me prendre dans ses bras pour « accompagner » ces pleurs. « Accompagner » parce que je crois qu’il faut pleurer, tout comme « parler », il faut que cette douleur sorte, pour éviter qu’elle ne ronge de l’intérieur. Mon mari avait lui aussi sa peine, sa souffrance, face à cette situation, et le fait d’avoir d’autres personnes que lui à qui confier mes pleurs a été une chance.


Il y a des situations où on ne peut pas parler, ni pleurer : les annonces de grossesses, de naissances. Ce sont des situations redoutées, dans lesquelles la douleur nous isole.

Ce n’est pas que nous ne sommes pas heureux pour les autres, au contraire, on ne souhaite pas à nos amis de devoir passer par la case PMA. Mais ces situations nous renvoient forcément notre réalité en pleine face, faire un enfant est une chose naturelle et facile pour la plupart des gens. Pour nous, ce n’est ni naturel, ni facile, ni même garanti. Le mal au ventre, la boule dans la gorge et le chagrin ressentis dans ces situations deviennent très forts, trop forts.


Alors on renonce, j’ai renoncé.


Je n’ai pas sauté de joie lors de cette annonce de grossesse, je n’ai pas appelé cette amie enceinte, je n’ai pas été voir cette amie toute jeune maman, je n’ai pas pu féliciter ces jeunes parents. Ce sont des moments importants dans la vie de nos amis, et je n’ai pas pu bien les vivre avec eux.


Alors que faire ?


Rien, continuez à être heureux et à nous faire partager vos bonheurs, tout en comprenant, en nous pardonnant, de ne pas toujours pouvoir nous réjouir.


Alors pourquoi écrire et décrire notre parcours et les émotions qui l’ont traversé aujourd’hui ?


Parce que je peux imaginer que ce n’est pas facile de savoir comment agir face à des proches dans cette situation, que ce n’est pas facile de savoir quoi dire. Le problème c’est que chaque personne, chaque situation est différente, et même chaque jour est différent. Il y a des moments où on a envie d’en parler et à d’autres moments, on préfère préserver le peu d’intimité qu’il nous reste dans cette procréation où on a juste envie de penser à autre chose !


Savoir quoi dire, quoi faire, n’est pas aisé, je crois qu’écouter et être présent, c’est déjà beaucoup !

Il y a quand même quelques grands classiques à éviter :


« C’est dans la tête, suffit de ne plus y penser, partir en vacances… » : J’ai cherché, passé de longues heures avec ma psy, ce n’était pas dans ma tête ! Et c’est impossible de ne pas y penser ! Et on est parti plein de fois en vacances, sans succès !!


« Je connais quelqu’un pour qui…. » : Nous aussi on connait des tas de ces chouettes histoires mais ce que je garde en tête, c’est qu’1 couple sur 2 en parcours de PMA ressort en étant parents, donc soit c’est moi, soit c’est ma voisine de salle d’attente…


« Et l’adoption ? » : l’adoption est un très beau projet mais c’est un projet différent et ce n’est pas le nôtre, et c’est loin d’être plus facile que la PMA. Très envie de répondre « et vous pourquoi avoir eu vos enfants biologiquement et ne pas avoir adopté ? ».


« Vous voulez un mode d’emploi ?! » : Ha, ha, ha… no comment.


« Tu ne connais pas ta chance, profite ! » : Je préfère « profiter » de nausées, kilos, douleurs, sauts d’humeur, rdv médicaux, etc. en étant enceinte plutôt qu’en étant en traitement hormonal avec 15% de chance d’être finalement enceinte. Etre parent c’est difficile et merveilleux, la PMA c’est difficile.


«  Aujourd’hui il suffit juste de faire une FIV… » : Je crois que c’est pour cette dernière idée, pour tous les amis qui s’étonnent quand on leur parle de la réalité de la PMA, des taux de réussite si bas, etc. que j’ai eu envie de « chiffrer » notre parcours.


Notre parcours PMA en quelques chiffres :


  • 12 ans d’amour

  • 8 ans de mariage

  • 0 grossesse « naturelle »

  • 4 ans pour tomber enceinte, soit environ

  • 50 mois et 50 déceptions

  • 3 années passées en PMA

  • 15 rendez-vous avec un médecin (3 médecins différents)

  • 5 rendez-vous avec un biologiste

  • 2 rendez-vous avec un anesthésiste

  • 2 rendez-vous avec un infirmier anesthésiste

  • 1 rendez-vous avec un andrologue

  • 1 hystérosalpingographie

  • 1 hystéroscopie

  • 2 hystérosonographies

  • 5 spermogrammes et spermocultures

  • 4 prélèvements vaginaux

  • 1 infertilité inexpliquée

  • 1 nouveau lexique médical + 1 connaissance approfondie de la biologie reproductive humaine

  • 50 prises de sang environ

  • 1 idée de ce que sont les bras des junkies !

  • 50 échographies environ

  • 6 protocoles d’Insémination Artificielle (IA)

  • 4 inséminations artificielles, 4 résultats négatifs

  • 3 protocoles de Fécondation In Vitro (FIV), dont 2 passages au bloc opératoire

  • 1 hyperstimulation + 2 hypostimulations, soit

  • 3 protocoles arrêtés à la moitié (et 3 grosses déceptions, de + !)

  • Plusieurs litres de larmes versées

  • 2 protocoles de Transfert d’embryons frais (TEF)

  • 3 protocoles de Transfert d’embryons congelés (TEC)

  • FIV 1 : 12 ovocytes prélevés, 9 ovules fécondables, 4 FIV « classique » (fécondation naturelle) > 2 embryons + 5 FIV ICSI (Injection Intracytoplasmique de Spermatozoïde) > 2 embryons

1 TEF (transfert d'embryon frais) (1 embryon) : « Anaëlle »


1 TEC (transfert d'embryon congelé) (1 embryon) : résultat négatif

1 TEC (2 embryons) : résultat négatif

  • FIV 2 : 15 ovocytes prélevés, 12 ovules fécondables et 12 FIV « classique » > 8 embryons J-2 + 3 embryons J-5

1 TEF (1 embryon) : résultat négatif

1 TEC (1 embryon) : « Corentin »


  • 1 embryon toujours congelé

  • 12 mois de traitements hormonaux, soit environ :

130 injections sous-cutanées (dans le ventre) + 470 pilules avalées + 280 ovules vaginaux.

1 kyrielle d’effets secondaires, dont :

4 kilos en plus sur la balance !

2 ans ½ de suivi psychologique

1 an ½ de suivi en acupuncture

1 an de suivi en ostéopathie

40 bébés d’amis nés pendant cette période (environ)

  • 1 chance énorme

  • 2 immenses bonheurs

  • 2 bébés en bonne santé : Anaëlle le 07/09/2016 et Corentin le 30/01/2019


Marion Bordet

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