J'ai découvert que je n'étais pas seule...


J’ai spontanément envie de partager les grandes lignes de notre parcours. J’ai 30 ans et mon mari 33 ans. On se connait depuis 29 ans, et oui c’était mon amoureux à la maternelle puis le temps à passer et nos chemins se sont recroisés il y a 11 ans.



  • Prénom : @jepeuxpasjaipma

  • Région : Lyonnaise

  • Centre : HFME changement pour INSTITUT RHÔNALPIN de la clinique du Val d’Ouest

  • Profession : Directrice Financière – Expert-comptable diplômée tout récemment

  • Entrée en PMA en : en 2018

  • Envie de bébé depuis : 2016

  • Quels « soucis » d’infertilité / hypofertilité avez-vous : Monsieur OATS sévère et Madame IOP

  • L’examen que tu as détesté le plus depuis le début : la ponction pour l’anesthésie générale et le stress du nombre recueilli.

  • Pratiques-tu des médecines alternatives pour mieux vivre ce parcours, si oui lesquels : oh oui, ostéo, acupuncture, magnétisme, naturopathe… mais je crois qu’aujourd’hui j’arrive au bout des médecines alternatives et finit par douter de leur réelle efficacité sur moi (ça c’est la déception qui parle à ce jour).

  • En PMA pour mon premier, deuxième ou troisième enfant : Notre premier enfant.

  • Ce qui est le plus dur pour moi dans ce parcours PMA : ’attente, le manque d’information des médecins, la solitude dans les démarches et l’acceptation de la situation

  • Ce qui est le plus dur pour mon compagnon dans ce parcours PMA : L'attente.

  • Est-ce facile de concilier ta vie professionnelle et votre parcours PMA : Maintenant oui car j’ai changé de travail pour pouvoir être « plus cool » et « moins stressée » (avant cela aurait extrêmement compliqué de gérer boulot et pma) mais personne n’a jamais su que j’étais en pma au boulot, et aujourd’hui j’hésite à en parler pour être encore plus me libérer de ce stress.

  • Ce que le parcours PMA t'apprend chaque jour : qu’on n’est pas tous égaux et surtout que la médecine n’a pas de solution miracle, elle m’apprend à profiter de la vie malgré ce manque, elle m’apprend à dépasser ma tristesse.

  • La qualité que tu n’avais pas avant et que tu as acquis (vous avez acquis) grâce à la PMA : la communication du couple méga renforcée, la prise de recul, l’amour envers et contre tous (on s’est marié en plein échec de fiv 1, sans que personne ne soit au courant, dur de gérer la déception et le bonheur du mariage)

  • Une phrase qui te boost régulièrement pour la PMA : il suffit d’un « embryon », « d’un spermatozoïde » et « ça finira par fonctionner pour nous aussi »

  • Une phrase pour ce bébé que tu aimerais avoir dans ton ventre, que tu aimerais tenir dans tes bras : On t’aime déjà tant, tu es le fruit d’un désir profond. Viens vite nous rejoindre pour nous combler, j’ai des milliers de bisous en stock pour toi et ton papa des milliers de bêtises à te faire faire. On travaille déjà à devenir des bons parents, on travaille à fond pour t’offrir un bel avenir. On a tant d’amour pour toi.

  • Est-ce que tu partages ce parcours avec tes proches, si oui lesquels : non. Sauf ma petite sœur (sagefemme) depuis le début. Mes parents très récemment au bout de 4 ans et 1 couple d’ami. Donc 5 personnes au total (les doigts d’une main) et j’ai beaucoup de mal à atteindre les doigts des 2 mains…

  • Pourquoi as-tu eu envie d’écrire et partager sur Mon Arbre pour la Vie : Par ce que : Je me sens moins seule en partageant ; j’aimerai aider les autres femmes et couples qui peuvent se reconnaitre en notre histoire ; par ce que c’est réconfortant de partager à des gens qui savent ce que sait ; parce que j’aimerai un jour arriver à accepter complètement ce parcours. Par ce que j’ai besoin d’informations et de retour de pmette. Par ce que j’ai besoin de garder espoir.



J’ai fait des études longues (bac +8 ans), mon mari pas du tout. Donc lui a été prêt très tôt pour devenir papa, alors que moi pas du tout.


En Décembre 2015, mon mari perd subitement son papa. Son envie de bébé se fait de plus en plus pressante. Moi, je suis en pleine période de thèse et ne me sent pas vraiment prête. Mais quelques mois après je décide d’arrêter ma pilule (mai 2016). C'est pour moi une énorme décision, car la pilule a été un petit miracle pour mes règles méga douloureuse. J’arrête malgré tout en me disant que de toute façon ça ne viendra pas de suite avec la pilule…


Pour info, mon mari a eu une tumeur bénigne à un testicule à l’âge de ses un an avec une opération pour retirer la tumeur et le testicule, sans jamais avoir eu aucun suivi au cours des 30 dernières années…

Puis, un an passe, et je commence vraiment à être prête à mon tour, chaque nouvelle règle est de plus en plus douloureuse psychologiquement en plus de l’être déjà beaucoup physiquement.

Entre temps, on achète un appartement, et on fait de très gros travaux qui nous absorbent beaucoup de temps et d’énergie. Je me dis que de toute façon, l’appartement n’est pas prêt pour accueillir un bébé.


Puis, ma petite sœur, sage-femme, la seule à savoir que j’ai arrêté la pilule, me dit « tu sais, vous devriez allez voir un médecin, ne perd pas de temps, si ça se trouve il n’y a aucun problème, et s’il y en a un, il apportera une solution, mais par expérience n’attendez pas d’avoir 40 ans ».


Je tente donc de prendre nos premiers rendez-vous dans un des grands hôpitaux Lyonnais, Je galère pour avoir le bon numéro, le bon docteur… plusieurs mois s’écoulent, les examens de l’un et de l’autre se font mais au compte goute.


Fin 2018 (2 ans après presque) on nous dit « ok, vous allez commencer un protocole pour une FIV ISCI ».

Et là, tout tremble en moi, à la fois contente de me dire « cool on a enfin une proposition », et à la fois paniquée « quoi ! FIV directe ?!... Anesthésie ? Zut c’est si compliqué notre cas… » (ressenti que je n’exprimerai jamais devant les médecins, j’encaisse juste).

On décide de faire la première FIV en mars 2019, alors qu’on se marie en mai 2019 (stress puissance 1000, vais-je grossir ? j’ai déjà acheté ma robe ! personne n’est au courant, et si je suis enceinte au mariage, comment ça va aller, et le voyage…). Bref, cette FIV se solde par 4 embryons fécondés mais 0 transfert.

Et là, c’est la 1ère claque que je prends car personne ne m’avait préparée à cette hypothèse de non transfert.

En sortant du bloc, le jour de la ponction, je me suis dit « j’ai fait le boulot, c’est bon, les docteurs vont me faire mon bébé ». Pour moi, c’était presque gagné, j’allais devenir maman.

Cette claque m’a littéralement brisée, mais pas le temps de gérer cette tristesse, on se marie dans quelques semaines. Mariage, voyage en mai, ça fait du bien.


Puis, mon chéri est au taquet pour une fiv 1 bis (sachant qu'il n'y a pas eu de transfert à la première FIV, elle n'est pas comptabilisée) dès le retour du voyage. Moi pas trop !

J’ai peur ; peur de l’échec à nouveau ; pas envie de recommencer toute la stimulation…

Mais dès le retour du voyage, on débute cette nouvelle FIV en juin 2019. Sauf que j’ignorai que nous allions vivre un été 2019 tumultueux.


Début juillet, quelques jours avant ma ponction, mon mari se fait licencier du jour au lendemain avec prud’homme à lancer, moi je rédige ma thèse pour valider mon bac +8 (date limite 31/08/19), ma belle-famille nous renie complétement car notre mariage ne leur a plu.

La ponction aura lieu mi-juillet : 4 embryons encore ; déception totale car je sais que la dernière fois ce n’était pas assez pour avoir un transfert ; mais cette fois ci je m’interdis de pleurer durant la semaine d’évolution des embryons, je m’interdis de penser à l’échec, je dois rester debout pour rédiger ma thèse, pour gérer le prudhomme de mon mari, pour créer sa société à lui.


On a, cette fois-ci, la chance d’avoir 1 transfert, celui du seul embryon rescapé à j 5. On touche du doigts le bonheur. Le soir du transfert, mon chéri a organisé une surprise avec des amis et familles pour mes 30 ans (soirée prévue avant qu’on connaisse la date du transfert).

Je suis heureuse et inquiète car c’est tout frais dans mon ventre.

Je ne laisse rien paraître une fois de plus (seul mes parents viennent d’être mis au courant la veille de la ponction). Puis, 15 jours très long passent, pas de règles, donc prise de sang, on finit par y croire un peu, mais non, la prise de sang est négative.


Ce jour-là, je prends ma deuxième claque, toute aussi violente que la première, voire plus, car ce coup-ci j’y ai cru pour de vrai. J’ai mal, je pleure, je ne parle pas.

Mon mari me console, me prend dans ses bras. Mais je le vois lui aussi pleurer dans son coin car lui aussi à mal, lui aussi y a cru, lui aussi est déçu. C’était le 2 aout 2019.

Nous avons fini l’été sans en parler, à travailler, sans vacances (thèse oblige) et sans contacter le centre PMA.


Entre temps notre couple d’ami proche (au courant de notre parcours) devienne parents. Ils vivent mal la fin de la grossesse. Ils vivent mal l’accouchement et vivent mal l’arrivée de leur enfant.

Moi, je m’efface, je souffre de leur attitude alors que moi je rêve d’être à leur place, mais je ne dis rien, je sombre.

Je demande à mon mari de faire une pause PMA au dernier trimestre de l'année. Je ne veux plus en parler, je ne veux pas aller au centre PMA pour débriefer de l’échec de la fiv 1bis. Je finis l’année 2019, malheureuse, épuisée, triste et seule.


Puis 2020 arrive, mon travail de thèse a enfin payé, je suis diplômée. J’ai un déclic, et me dit «enfin, je suis libérée, je vais pouvoir devenir maman».


Sauf, que depuis 2020, c’est mon mari qui dit stop à la PMA. Il ne croit plus vraiment en la médecine qui ne nous trouvent pas de solution miracle et me demande de « tenter » notre chance naturellement pendant 3 mois.


Je prends conscience que si parcours PMA il doit y avoir, il faudra qu’il se fasse ensemble cette fois-ci, prêt physiquement et psychologiquement tous les deux.


Puis mars 2020, on s’interroge sur un changement de centre. Je découvre que le nôtre est très mal classé, et je réalise qu’il y a un blocage humain sur notre prise en charge. Nous retournons malgré tout les voir début mars, pour parler de la prochaine fiv (sans savoir si oui ou non on la fera chez eux).

Je sors en larmes, je traverse les services en pleurs car une fois de plus je sors sans explications, je pars avec 1 milliers de question sans réponse.


Parallèlement, on a un rendez-vous dans un nouveau centre PMA, plus près de chez nous et privé. Ce rendez-vous a le mérite d’être proposé rapidement, on l’a eu sous 10 jours. Puis, la COVID19 et le confinement sont arrivés.


On prend ce temps supplémentaire pour nos tentatives de bébé naturel, en vain.

On s’est posé, retrouvé, et positionné sur un changement de centre.


Aujourd’hui, début juin, on a pu refaire tous nos examens et prélèvements en 4 semaines, vu 2x le gynéco, 2x l’andrologue quand dans le 1er centre il nous aura fallut 2 ans. On attend les résultats, et l’avis de cette nouvelle équipe sur le protocole à suivre pour cette fiv 2.


Pour ce changement de centre, j’ai beaucoup hésité, en me disant quitte à changer, je pars à 400 km dans le centre noté n°1. Puis j’ai réfléchi et opté pour la proximité mais mieux classé, à – de 800 m de chez moi. Au départ, j’étais ennuyée d’aller dans le privé, je suis habitée à la médecine publique, « gratuite » mais plus longue.

Puis, j’ai réalisé qu’aujourd’hui peu importe le prix, ça ne rentrait pas en ligne de compte de nos critères de choix de centre PMA. Le premier feeling avec le gynéco est positif, on verra la suite, je croise fort les doigts.

Pendant le confinement, j’ai découvert les réseau sociaux dédié PMA.

J’ai découvert que je n’étais pas seule. J’ai pu écouter, parler, lire des parcours PMA, voir des couples comme nous et ça m’a fait un bien fou.J’essaie de libérer ma parole chaque jour un peu plus pour mieux vivre la prochaine FIV.

J’hésite à en parler à mon patron (qui est adorable et comprendra parfaitement) mais j’ai peur. J’ai depuis le début du mal à parler de ça, peur de pleurer, de dévoiler ma sensibilité, peur car c’est intime, j’ai honte ou eu honte de pas y arriver comme tout le monde.


Pauline.


Retrouvez Pauline sur instagram @jepeuxpasjaipma si vous souhaitez échanger avec elle.


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